Coup de cœur 2021

Anne-Sophie TUSZYNSKI – Fondatrice et Administratrice de Cancer@work/ CEO de Wecare@work

BIOGRAPHIE

Après 15 ans d’expérience professionnelle en tant que membre du comité de direction d’un acteur majeur de l’emploi en France, Anne-Sophie a eu un cancer en
2011. Suite à cette expérience de vie, elle crée le 1er club d’entreprises au monde pour mieux concilier cancer et travail et engager les dirigeants dans l’action. Elle crée ensuite Wecare@work pour accompagner au quotidien les entreprises dans la mise en œuvre d’actions concrètes. »

 

 

Concilier maladie et travail, mon fil d’ariane

Une conviction

Je me bats quotidiennement pour une conviction : la nécessité de concilier maladie et travail. Elle me porte et elle est le fruit de mon engagement professionnel avec Cancer@Work et Wecare@Work.

Un point de départ

Mars 2011, le diagnostic est sans appel : j’ai un cancer du sein. Une épreuve personnelle ? Oui, mais également une épreuve de société. Chaque jour, 1200 personnes apprennent qu’elles ont un cancer. 15% des actifs vivent avec une maladie chronique et 15% sont des aidants familiaux. La maladie est aujourd’hui encore perçue uniquement comme un poids : un poids pour le principal intéressé mais également un poids pour son entourage. Un poids physique, psychologique, administratif, juridique, financier.

Cette réalité, j’essaye de la faire changer, chaque jour, avec les équipes de Wecare@Work,. La voix que nous aimerions faire entendre, c’est un témoignage, un lot d’expériences, de bonnes pratiques qui prouvent que maladie et vie au travail, c’est plus que possible, cela peut même créer de la valeur. De la valeur humaine et sociale, mais aussi de la valeur économique. Mon expérience, celle de mes collaborateurs et de tous les malades chroniques que nous accompagnons depuis des années, prouvent qu’une autre approche du sujet est envisageable. La maladie ne doit pas être une fatalité. La maladie ne doit pas qu’être un poids : un poids pour le principal intéressé mais également un poids pour son entourage. Un poids physique, psychologique, administratif, juridique, financier.

Un combat

Soigner les malades, c’est bien. Soigner les malades et les réinsérer dans le monde professionnel, c’est mieux. Car, à quoi bon guérir pour ensuite être mis au ban de la société ?

Notre constitution stipule que chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Chaque personne qui travaille, c’est une personne qui cotise et permet à la sécurité sociale de remplir son rôle. Ne pas s’assurer du maintien dans l’emploi des personnes malades ou de leurs proches aidants, ne pas s’engager pour une adaptation des conditions de travail

aux conséquences des maladies chroniques, c’est mettre en péril ce cercle vertueux qui permet le financement de notre système de santé.

Pour mener ce combat, nous avons à cœur d’être parfaitement alignés avec nos convictions. Nous avons la conviction que l’expérience de vie de la maladie peut devenir un atout professionnel pour les personnes concernées, et qu’elle peut rendre l’entreprise plus performante, dans une logique gagnant-gagnant. Nos expériences de vie, en tant que malade ou aidant et la légitimité de nos voix en tant que patients experts ont forgé notre volonté d’entreprendre dans la Tech for good.

Un espoir

Dans un monde idéal, la maladie n’existe pas, nous sommes tous en parfaite santé. Et notre entreprise n’a pas sa raison d’être. Dans notre monde réel, plus que jamais, la conciliation de la maladie et de la vie au travail doit devenir un atout pour les entreprises et leurs employés. Si la résilience est un concept en vogue, il est probablement le mantra d’une personne dont la santé est affectée durablement. Il faut beaucoup de volonté pour lutter contre la maladie, contre un système économique qui n’inclut pas la maladie.Un système économique qui envisage la santé comme une charge d’un point de vue comptable, alors qu’il faudrait l’envisager d’un point de vue économique en l’associant à l’emploi.

Le mot de la fin

Cet article, ce cri du cœur, a pour objet de clamer que c’est possible : possible de concilier maladie et vie au travail, possible d’en faire un projet de société construit, positif, équilibré. Nous avons pour ambition de participer, à notre échelle, à la construction du “travail d’après”. Être malade ne signifie pas être incompétent ou “sur la touche”. Être malade, c’est fonctionner différemment, repenser sa manière d’être, intégrer de nouveaux paramètres à sa façon de réfléchir, de réagir et d’agir.

Alors je lance un défi : que toute personne qui partage cette conviction et lira cet article s’engage à œuvrer pour intégrer la thématique de la maladie au travail dans son entreprise. Rejoignez-nous c’est simple comme bonjour@wecareatwork !

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